lundi 13 mars 2017

10e anniversaire du rappel à Dieu de Melle Louise Bussière

A l'occasion du dixième anniversaire du rappel à Dieu de Mlle Louise Bussière, bienfaitrice de l'Institut, grâce à qui l'Institut a pu s'implanter dans le Quercy, au lieu-dit de Lagarrigue Haute à Baladou, les chanoines de la Maison Notre-Dame-de-Rocamadour ont célébré une messe de Requiem en l'église de Baladou le 11 mars dernier. 

Dans sa prédication, M. le chanoine Michel Cambon, recteur du sanctuaire de Rocamadour, official de la province ecclésiastique de Toulouse et chancelier du diocèse de Cahors, a rappelé l'importance de la prière généreuse pour nos défunts, spécialement pour ceux qui ont été les bienfaiteurs de l’Église tout au long de leur vie.




















mercredi 8 mars 2017

Mystique du Carême à l'école de dom Guéranger



Sandro Botticelli, Les tentations du Christ au désert, Chapelle Sixtine (détail)
    On ne doit pas s’étonner qu’un temps aussi sacré que l’est celui du Carême soit un temps rempli de mystères. L’Église, qui en a fait la préparation à la plus sublime de ses fêtes, a voulu que cette période de recueillement et de pénitence fût marquée par les circonstances les plus propres à réveiller la foi des fidèles, et à soutenir leur constance dans l’œuvre de l’expiation annuelle.

    Au Temps de la Septuagésime, nous avons rencontre le nombre septuagénaire, qui nous rappelait les soixante-dix ans de la captivité à Babylone, après lesquels le peuple de Dieu, purifié de son idolâtrie, devait revoir Jérusalem et y célébrer la Pâque. Maintenant c’est le nombre sévère de quarante que la sainte Église propose à notre attention religieuse, ce nombre qui, comme nous dit saint Jérôme, est toujours celui de la peine et de l’affliction.

    Rappelons nous cette pluie de quarante jours et de quarante nuits, sortie des trésors de la colère de Dieu, quand il se repentit d’avoir créé l’homme et qu’il submergea la race humaine sous les flots, à l’exception d’une famille. Considérons le peuple hébreu errant quarante années dans le désert, en punition de son ingratitude, avant d’avoir accès dans la terre promise. Écoutons le Seigneur, qui ordonne à son prophète Ézéchiel de demeurer couché quarante jours sur son côté droit, pour figurer la durée d’un siège qui devait être suivi de la ruine de Jérusalem.

    Deux hommes, dans l’Ancien Testament, ont la mission de figurer en leur personne les deux manifestations de Dieu : Moïse, qui représente la Loi, et Élie, en qui est symbolisée la Prophétie. L’un et l’autre approchent de Dieu : le premier sur le Sinaï, le second sur Horeb  ; mais l’un et l’autre n’obtiennent accès auprès de la divinité, qu’après s’être purifiés par l’expiation dans un jeûne de quarante jours.

    En nous reportant à ces grands faits, nous arrivons à comprendre pourquoi le Fils de Dieu incarné pour le salut des hommes, ayant résolu de soumettre sa chair divine aux rigueurs du jeûne, dut choisir le nombre de quarante jours pour cet acte solennel. L’institution du Carême nous apparaît alors dans toute sa majestueuse sévérité, et comme un moyen efficace d’apaiser la colère de Dieu et de purifier nos âmes. Élevons donc nos pensées au-dessus de l’étroit horizon qui nous entoure ; voyons tout l’ensemble des nations chrétiennes, dans ces jours où nous sommes, offrant au Seigneur irrité ce vaste quadragénaire de l’expiation ; et espérons que, comme au temps de Jonas, il daignera, cette année encore, faire, miséricorde à son peuple.

    Après ces considérations relatives à la mesure du temps que nous avons à parcourir, il nous faut maintenant apprendre de la sainte Église sous quel symbole elle considère ses enfants durant la sainte Quarantaine. Elle voit en eux une immense armée qui combat jour et nuit contre l’ennemi de Dieu. C’est pour cela que le Mercredi des Cendres elle a appelé le Carême la carrière de la milice chrétienne. En effet, pour obtenir cette régénération qui nous rendra dignes de retrouver les saintes allégresses de l’Alléluia, il nous faut avoir triomphé de nos trois ennemis : le démon, la chair et le monde. Unis au Rédempteur, qui lutte sur la montagne contre la triple tentation et contre Satan lui-même, il nous faut être armés et veiller sans cesse. Afin de nous soutenir par l’espérance de la victoire et pour animer notre confiance dans le secours divin, l’Église nous propose le Psaume 90e, qu’elle admet parmi les prières de la Messe au premier Dimanche de Carême, et auquel elle emprunte chaque jour plusieurs versets pour les différentes Heures de l’Office.

    Elle veut donc que nous comptions sur la protection que Dieu étend sur nous comme un bouclier  ; que nous espérions à l’ombre de ses ailes , que nous ayons confiance en lui, parce qu’il nous retirera des filets du chasseur infernal qui nous avait ravi la sainte liberté des enfants de Dieu ; que nous soyons assurés du secours des saints Anges, nos frères, auxquels le Seigneur a donné ordre de nous garder dans toutes nos voies, et qui, témoins respectueux du combat que le Sauveur soutint contre Satan, s’approchèrent de lui, après la victoire, pour le servir et lui rendre leurs hommages. Entrons dans les sentiments que veut nous inspirer la sainte Église, et durant ces jours de combat, recourons souvent à ce beau cantique qu’elle nous signale comme l’expression la plus complète des sentiments dont doivent être animés, dans le cours de cette sainte campagne, les soldats de la milice chrétienne.


jeudi 2 février 2017

Sermon de Mgr Bestion lors des confirmations à Brive (29 janvier 2017)



Dimanche dernier, 29 janvier, à l'occasion de la fête de saint François de Sales, patron de l'Institut du Christ Roi, Mgr Francis Bestion, évêque de Tulle, a honoré de sa présence les fidèles de Saint-Paul de Rivet, à Brive. Après avoir conféré le sacrement de confirmation à huit jeunes de notre apostolat, Monseigneur a assisté pontificalement à la messe chantée par le chanoine S. Goupil. Voici le texte de l'homélie du pontife.


Frères et sœurs, chers confirmés,



         Dans l’évangile d’aujourd’hui Jésus nous adresse des paroles fortes pour notre vie de disciples, à sa suite, et notre vie de témoins, d’apôtres, de missionnaires.



         Deux expressions dans la bouche de Jésus : « vous êtes le sel de la terre », « vous êtes la lumière du monde ». Ces paroles concernent chaque baptisé dans sa vie personnelle et, en même temps et inséparablement, elles concernent l’Église. D’ailleurs Jésus s’adresse au groupe des disciples, pas à un seul d’entre eux.



         Vous avez sans doute remarqué que Jésus ne parle pas au futur mais au présent : « Vous êtes ». Il n’indique pas non plus un devoir à réaliser, mais il affirme quelque chose qui est un état de fait : « vous êtes le sel de la terre ; vous êtes la lumière du monde ». Jésus nous dit ce que nous sommes. C’est important d’entendre cela.



         A partir de là, vous pouvez vous demander, vous qui venez d’être confirmés, mais aussi nous tous : en quoi suis-je, en quoi sommes-nous, en Église, sel de la terre et lumière du monde ? C’est vrai que si vous dites à quelqu’un : « je suis la lumière du monde », il va vous dire peut-être : « calme-toi, petit prétentieux »… et il aura raison. Et pourtant, c’est bien ce que dit Jésus à notre sujet. Pourquoi peut-il dire cela de nous et pourquoi nous, nous ne pouvons pas le dire de nous-mêmes ? Tout simplement parce que ce n’est pas de nous-mêmes que nous sommes sel et lumière, mais nous le sommes grâce à l’Esprit du Christ qui habite en nos cœurs. C’est l’Esprit de notre baptême et de notre confirmation qui nous rend capables d’être sel et lumière. Il n’y a que Jésus qui puisse être véritablement, par lui-même, sel de la terre et lumière du monde. Et c’est ce qu’il dit, ailleurs, dans l’évangile : « je suis la lumière du monde ». Aucun d’entre nous ne peut dire cela. Mais parce que Dieu nous donne son Esprit, nous pouvons être sel de la terre et lumière du monde. Nous pouvons être des reflets de la lumière du Christ, comme la lune reflète la lumière du soleil.



         Les premiers chrétiens, pour exprimer la réalité du baptême, parlaient de l’Illumination, du sacrement de l’Illumination. Le baptisé est un illuminé, parce qu’il a reçu la lumière du Christ. C’est pour cela qu’on remet au baptisé (ou bien, si c’est un bébé, on remet à ses parents) un cierge allumé au Cierge pascal qui représente le Christ ressuscité. Ça veut dire : tu es lumière, parce que le Christ t’a illuminé ! C’est un don que nous avons reçu ; nous n’y sommes pour rien. C’est un cadeau. Mais, attention ! Vous savez bien qu’une lumière, elle peut s’éteindre ou bien, comme le dit Jésus, elle peut être mise sous un boisseau. Et alors, elle n’éclaire plus.



         Quand Jésus nous dit « vous êtes le sel de la terre », « vous êtes la lumière du monde », c’est comme s’il nous disait : devenez ce que vous êtes ! La vie chrétienne, c’est de devenir, jour après jour, ce que nous sommes, de porter à son accomplissement la grâce qui nous a été donnée. Ce n’est jamais fini ! C’est un chemin, c’est un combat, c’est une conversion.



         D’ailleurs, Jésus nous prévient : le sel peut s’affadir et alors il ne remplit plus sa fonction, il ne sale plus, il ne donne plus de saveur aux aliments. Et le sel ne peut pas se saler lui-même. Si la vie chrétienne s’affadit – c’est-à-dire si nous ne sommes plus vraiment ce que le baptême nous a donné d’être – alors nous ne pouvons plus remplir la mission qui nous a été donnée. 


         Aujourd’hui, huit d’entre nous viennent d’être confirmés. Ils ont été marqués du sceau de l’Esprit-Saint pour être capables d’être sel de la terre et lumière du monde, pour être témoins de Jésus-Christ, lumière du monde, pour être des reflets de la Source lumineuse qui est Jésus lui-même, pour être des missionnaires de l’Évangile dans le monde. Sans les dons du Saint Esprit, le sel est menacé de s’affadir, la lumière est menacée d’être sous le boisseau.





         Mais il y a autre chose encore de très important. Non seulement nous ne pouvons rien faire sans l’Esprit-Saint, mais nous ne pouvons pas non plus être des disciples du Christ et des missionnaires du Christ, sans l’Église, en dehors de l’Église et, encore moins, contre l’Église. L’Église est notre famille, elle est même notre Mère. Le baptême nous a fait membres du Corps du Christ, du Peuple de Dieu, c’est-à-dire de l’Église. C’est donc en Église que nous sommes sel de la terre et lumière du monde. Un esprit laïciste, aujourd’hui (qui n’est pas du tout ce qu’est la juste laïcité) voudrait tout faire pour que la vie du croyant soit quelque chose d’entièrement personnel ou plutôt de totalement privé. C’est déjà une stupidité sur le plan anthropologique, mais c’est surtout quelque chose qui s’oppose à la nature de la vie chrétienne qui est une vie en Église, et donc aussi une vie publique.



         Je vous pose une question : qu’est-ce que l’Église et où est l’Église ? Ne vous fiez pas à ce qu’en dise les media : la télévision, les journaux. Pour eux, l’Église n’est qu’une institution parmi d’autres et, aujourd’hui, il est de bon ton de critiquer toutes les institutions, même si on veut recourir à elles quand il y a des problèmes. Où est l’Église ? Les Pères de l’Église – St Ignace, St Cyprien, St Irénée et bien d’autres – aimaient employer des aphorismes qui répondent à cette question : Ubi Christus, ibi Ecclesia (où est le Christ, là est l’Église ; Ubi Petrus, ibi Ecclesia (où est Pierre, là est l’Église) ; Ubi episcopus, ibi Ecclesia (où est l’Évêque, là est l’Église). Vous qui avez été confirmés, rappelez-vous de cela : ne vous coupez jamais de l’Évêque, car vous vous couperiez de l’Église ; ne vous coupez jamais de l’Église, car vous vous couperiez du Christ. C’est ce que Ste Jeanne d’Arc avait répondu à ses juges : « le Christ et l’Église, c’est tout un ! ».





         La confirmation fait de vous des envoyés du Christ pour être en Église ses témoins, ses missionnaires. C’est une grâce et c’est une responsabilité. C’est un don et c’est un engagement. Vous rencontrerez des obstacles et vous devrez mener des combats. Mais rappelez-vous ce que je vous ai dit il y a quelques jours : le grand combat, il n’est pas contre des ennemis extérieurs – même s’il en existe - ; il est à l’intérieur de vous-mêmes. Saint Paul l’appelle le « combat spirituel ». Il se livre dans notre cœur. Ne soyez pas comme les pharisiens dont Jésus a dit qu’ils sont blancs à l’extérieur et ténébreux à l’intérieur. Il les a traités de « sépulcres blanchis ». N’ayez pas peur du combat spirituel. Le jour où vous ne combattrez plus, c’est sans doute que le démon aura eu raison de vous. Jésus lui-même a connu ce combat intérieur, alors même qu’il était Fils de Dieu et donc sans péché ; ce qui n’est pas notre cas. Il a connu ce combat au désert de la tentation, au commencement de son ministère public, et à la fin, au Jardin de Gethsémani. Celui qui dirait qu’il n’est jamais tenté, ce serait qu’il a déjà été vaincu. Et alors, il n’intéresse plus le démon. Nous avons des armes pour ce combat intérieur ; saint Paul les énumèrent dans sa lettre aux éphésiens ; il parle du « bouclier de la foi  (qui permets d’éteindre les flèches du malin), du « casque du salut » et de « l’épée de l’Esprit-Saint, qui est la Parole de Dieu ». Vous êtes équipés pour le combat spirituel. Ne déposez pas ces armes là. Déposez celles de la violence, de la méchanceté, de la haine, de la médisance et de la calomnie (la médisance et la calomnie ruinent les communautés chrétiennes), mais ne déposez pas la foi, le salut et l’Esprit-Saint. Dès lors, vous n’avez rien à craindre. Le Christ, par sa victoire sur la mort et par sa résurrection, a vaincu le péché, le mal et la mort. 


         Rappelez-vous les paroles de Jésus : « prenez sur vous mon joug, car mon joug est doux et mon fardeau est léger ». Imitez le Christ dont lui-même nous a dit qu’il est « doux et humble de cœur ». Et si jamais, malgré votre vigilance, le poison de la violence, de la haine, de la médisance, de la calomnie venait à entrer dans votre âme, vous avez un remède : allez vite trouver le prêtre et confessez votre péché pour obtenir le pardon du Seigneur.



         Vous le voyez, chers amis, Jésus ne nous a pas laissés orphelins ! Nous avons l’Esprit-Saint, nous avons la mère Église et nous avons tous les remèdes qu’elle peut nous prodiguer. Aimez l’Église, comme votre mère, et avancez sur le chemin sans crainte. Amen.







samedi 7 janvier 2017

Bénédiction de la Maison Notre-Dame pour l'Epiphanie

"Les mages sont venus de l'Orient à Bethléem pour adorer le Seigneur; ouvrant leur trésors, ils offrirent des biens précieux : de l'or pour le grand Roi, de l'encens pour le vrai Dieu, de la myrrhe pour sa sépulture, Alléluia !"

Le Rituel romain renferme le trésor des bénédictions de l’Église. Il est une antique et vénérable tradition de bénir les maisons à l'occasion de la fête de l’Épiphanie, avec de l'eau bénite spécialement la veille. Après avoir aspergé d'eau bénite les murs de la maison, le prêtre inscrit, au moyen d'une craie bénite à cette occasion, sur le linteau de la porte principale une inscription comprenant le chiffre de la nouvelle année qui s'ouvre et les initiales (en latin) des trois rois mages. Ainsi, cette année :

20 + C(aspar) + M(elchior) + B(althazar) + 16

Voici le texte de la bénédiction de la craie, si riche de signification :

"Bénissez, ô Seigneur notre Dieu, cette craie, votre créature, afin qu’elle devienne salutaire au genre humain ; et accordez par l’invocation de votre Nom très saint que tous ceux qui l’emporteront ou qui écriront avec elle sur leurs portes les noms de vos Saints Gaspard, Melchior et Balthazar, reçoivent par leur intercession et leurs mérites la santé du corps et la protection de l’âme."

Voici quelques photos de la bénédiction de la Maison Notre-Dame-de-Rocamadour :






 



jeudi 22 décembre 2016

La Vierge pèlerine à Baladou


Avant d’accueillir l’Enfant-Jésus dans la Crèche à Noël, nous avons la joie à Baladou d’accueillir sa sainte Mère, la Vierge Marie : la Vierge pèlerine visite en effet les familles de France pour nous rappeler la demande du Christ sur la Croix : « Voici ta Mère ». « Dès lors, ajoute S. Jean, l’apôtre la prit chez lui » (Jn 19, 26-27). Soyons nous aussi des apôtres accueillant chez nous la Vierge Marie ! Ne soyons pas ingrats comme tous ceux qui ont fermé leurs portes à la Sainte Famille au moment où la Sainte Vierge allait donner naissance au Sauveur !



Qui mieux que la Mère de Jésus peut nous préparer à cette belle fête de Noël, où Dieu partage notre humanité et nos souffrances ? Soyez assurés, chers Amis, de notre prière quotidienne à toutes vos intentions au pied de Notre-Dame de France !